HISTOIRE DE L’EGLISE LDS EN SUISSE

L’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours existe en Suisse, sans interruption, depuis 1850. Le premier missionnaire à avoir touché ce pays est frère Thomas B. H. Stenhouse, envoyé par des membres du Conseil des Douze, Lorenso Snow.

Thomas Stenhouse, venant d’Italie, s’établit à Genève. Il passa son premier hiver à apprendre très sérieusement la langue française. Au printemps de 1851, il était prêt à commencer l’œuvre missionnaire quand, soudain, il dut se rendre précipitamment en Angleterre prendre soin de sa femme et de sa fille tombées gravement malades. Dès qu’il le put, il rentra en Suisse avec elles. Il ne put, cependant pas, en mission, facilement prendre soin d’une famille. Son épouse lui fut cependant très utile dans son travail pour le Seigneur, car ayant vécu quelques années en France, elle connaissait suffisamment de français pour l’aider à rédiger dans cette langue et à faire des traductions.

Il dut faire face à plusieurs attaques menées contre l’Eglise par quelques pasteurs protestants de Genève et de Lausanne. L’un d’eux, le pasteur, Favez, publia toute une série de petite brochures contre les mormons, dont l’une avait pour titre « Les mormons de Californie ».

Dans le même temps, un autre homme d’église, Emilius Guere, agressa la foi des Saints des Derniers Jours du haut de la Chaire de son temple protestant. Stenhouse se porta à la sortie de ce temple et, quand la congrégation en sortit à la fin de la réunion, leur proposa des brochures ; il vit, avec bonheur, que beaucoup les acceptèrent. Remarquant cela, le pasteur convoqua en privé ses clercs et ses laïcs pour discuter avec eux des meilleurs moyens à employer pour éviter l’expansion du mormonisme dans toute la Suisse.

Les Stenhouse souffrirent beaucoup de privations et vécurent dans une grande misère. Sur leurs épreuves et leurs privations, sœur Stenhouse écrivit ce qui suit :

« Notre situation financière semblait aller de mal en pis et la santé paraissait me manquer. Durant plusieurs mois, aucun de nous ne mangea à sa faim et mon anxiété augmentait encore ma faiblesse physique. J’étais désespérée, mais je n’osai pas me plaindre ne même laisser voir à mon mari ce que je souffrais. A la longue, je tombai réellement malade et ne pus plus me lever de mon lit, devins faible et d’un cœur si défaillant que j’avais à peine le désir de vivre . »

Malgré toutes ces épreuves, le couple Stenhouse continua ses efforts et, peu à peu, le nombre des membres s’accrut en Suisse. Pendant ce temps, de nouvelles lois furent édictées afin de restreindre l’activité de la nouvelle Eglise. La prédication fut interdite à Genève. Frère Stenhouse dut avoir recours à la prédication en privé et à la distribution de brochures. A Lausanne, toute réunion mormone quelle qu’elle soit, fut interdite, mais les missionnaires s’arrangèrent pour en organiser discrètement dans différents endroits de la ville. Afin de faire cesser les tracasseries dont l’Eglise était l’objet de la part des autorités civiles, frère Stenhouse publia à Paris, en 1852, un périodique semblable à « L’Etoile du Deseret ». Il se nomme « Le Réflecteur » et est écrit en français. Comme son homologue parisien, sa durée de publication ne sera que d’un an, frère Stenhouse doit l’arrêter pour honorer des engagements plus importants.

Après quatre longues années de dévotion en Suisse pour y établir l’Eglise restaurée de Jésus-Christ, frère Stenhouse et sa femme ressentent le besoin d’émigrer, eux aussi, aux Etats-Unis.

Après leur départ, le travail continua parmi les Suisses francophones. Plus tard, les différents président de Mission étendront leurs efforts jusqu’en Suisse Alémanique et certains de leurs missionnaires iront même en Allemagne et en Autriche.